Par Gustave PADI
À Kinshasa, la rue redevient le principal baromètre du rapport de force politique. Après la mobilisation de la C64, l’UDPS/Tshisekedi a à son tour investi le terrain ce mardi 22 septembre.
Partie de la 11ᵉ rue à Limete, la marche s’est achevée au niveau du pont Cabu, où Augustin Kabuya, secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, s’est adressé aux militants.
Cette mobilisation devait également servir de réponse politique à ceux qui entendent contester la ligne défendue par le pouvoir.
Avec Augustin Kabuya en première ligne, le parti présidentiel entendait démontrer qu’il conserve une solide capacité de mobilisation.
Le face-à-face n’est pas institutionnel, mais politique. D’un côté, la C64, qui cherche à fédérer les forces opposées aux orientations défendues par le pouvoir.
De l’autre, l’UDPS, qui entend défendre son leadership politique et répondre par la mobilisation de sa base.

Dans les rangs du parti présidentiel, la journée est présentée comme une démonstration de force.
Augustin Kabuya, figure centrale de cette mobilisation, s’est affiché au milieu des militants, donnant à l’événement une dimension particulièrement politique.
Mais un détail attire l’attention : plusieurs poids lourds de l’Union sacrée, notamment: l’UNC, le MLC et l’AFDC-A, n’ont pas été particulièrement visibles dans cette mobilisation.
L’UDPS a donc largement compté sur ses propres structures pour occuper le terrain.
La comparaison avec la C64 est désormais inévitable.
Les deux mobilisations ne poursuivaient pas exactement les mêmes objectifs et ne se sont pas déroulées dans les mêmes conditions.
Leur ampleur respective ne peut donc être appréciée sérieusement qu’à partir de données vérifiables sur les itinéraires, les participants et le dispositif d’organisation.

Reste une réalité politique : à Kinshasa, la rue est redevenue un espace de confrontation symbolique. Chaque rassemblement est désormais scruté comme un indicateur de l’influence réelle des différents camps.
Après la C64, l’UDPS a livré sa réponse. La bataille de la rue est lancée, et Kinshasa en est redevenue l’arène.


