Le Prix Nobel de la Paix et ancien candidat à l’élection présidentielle, Denis Mukwege, a exprimé sa vive préoccupation face aux discussions entourant l’adoption d’une loi sur le référendum en République démocratique du Congo. Dans une tribune au ton ferme, il estime que ce débat intervient à un moment où le pays est confronté à des défis autrement plus urgents.
Selon le célèbre gynécologue congolais, les priorités nationales devraient être centrées sur la restauration de la paix, la sécurité des populations et la réponse à la crise humanitaire qui frappe particulièrement l’Est du pays. Il souligne que plusieurs territoires demeurent sous la menace de groupes armés, tandis que des millions de citoyens continuent de vivre dans des conditions précaires.
Denis Mukwege s’interroge ainsi sur l’opportunité d’engager des discussions institutionnelles susceptibles d’ouvrir la voie à une révision de la Constitution, notamment en ce qui concerne la limitation du nombre de mandats présidentiels. À ses yeux, une telle initiative risque de détourner l’attention des véritables préoccupations de la population et d’alimenter davantage les tensions politiques.
Le Prix Nobel critique également certains acteurs politiques et parlementaires qu’il accuse de privilégier des calculs de positionnement politique plutôt que la recherche de solutions concrètes aux problèmes quotidiens des Congolais.
Pour Denis Mukwege, toute tentative de modification des dispositions constitutionnelles relatives à l’alternance démocratique pourrait fragiliser davantage la cohésion nationale dans un contexte déjà marqué par de nombreuses crises.
En conclusion, il appelle les dirigeants congolais à faire preuve de responsabilité en plaçant l’intérêt général au-dessus des ambitions politiques. Il invite également les citoyens à demeurer vigilants afin de préserver les acquis démocratiques, l’unité nationale et l’avenir de la République démocratique du Congo.

