
Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, se poursuit aujourd’hui devant la Cour de cassation. Après une première audience tenue le 9 juillet, principalement axée sur des questions de forme, la juridiction entre désormais dans le fond de l’affaire .
L’accusé, poursuivi pour détournement présumé de plus de 19 millions de dollars, aurait détourné ces fonds destinés à la construction d’une prison à Kisangani . Lors de cette seconde audience, la Cour pourra interroger Mutamba, entendre des témoins et procéder à des vérifications approfondies pour « faire la lumière sur cette affaire » .
Rappel des faits : à l’ouverture du procès le 9 juillet, Mutamba est arrivé avec plus d’une heure de retard, évoquant « les embouteillages » de Kinshasa et a présenté ses excuses à la Cour . Les avocats avaient alors demandé un report pour prendre connaissance du dossier, plaidant également l’irrégularité de la citation en raison du « privilège de juridiction » dont bénéficierait leur client. La Cour avait décidé de renvoyer l’audience au 23 juillet, tout en rejetant l’exception soulevée .
Aujourd’hui, alors que l’instruction démarre, la Cour devra confirmer les charges et définir les suites judiciaires : audition de l’ex-ministre, production de témoins et éventuelle expertise juridique. Une audience décisive, dans un dossier jugé sensible politiquement et financièrement.
Mutamba, figure controversée, ancien candidat à la présidentielle de 2023 et démissionnaire du gouvernement en juin, voit son procès scruté de près tant par la classe politique que la société civile, désireuse d’une justice équitable et impartiale.
Les avocats de Constant Mutamba affirment devant la cour que le droit de défense de leur client a été violé à l’Assemblée nationale, qui ne lui aurait pas accordé le temps nécessaire pour se défendre avant le vote de la levée de ses immunités.
Le ministère public réplique que les avocats se sont trompés de juridiction, car la Cour de cassation n’est pas compétente pour statuer sur les actes du Parlement.


