En République démocratique du Congo, le débat sur la redevabilité des membres du Gouvernement envers leurs provinces d’origine continue d’alimenter les discussions. Dans une récente prise de position, Daruis Nsay a estimé qu’un membre du Gouvernement central n’accède pas à ses fonctions grâce au soutien d’une population ou d’une base électorale, mais plutôt en raison de ses compétences, de son expertise et de son parcours professionnel.
Selon lui, la nomination d’un ministre repose avant tout sur des critères de technocratie, de stratégie, de management et de relations professionnelles. Dès lors, il considère qu’un ministre du Gouvernement central n’est pas nécessairement redevable à la population de sa province d’origine, contrairement aux responsables investis d’un mandat populaire.
« On ne devient pas ministre grâce à une base électorale ou au soutien d’une population. Ce sont la technocratie, la stratégie, les relations et le management qui déterminent souvent une nomination. Un ministre est un responsable national et non un élu de sa province », a-t-il déclaré.
Daruis Nsay soutient également que plusieurs ministres ne disposent pas d’une véritable base politique dans leurs territoires d’origine et que certains connaissent à peine leur village natal. À ses yeux, il serait donc inapproprié de leur attribuer une responsabilité politique locale comparable à celle des élus.
En revanche, il estime que les personnalités investies d’un mandat populaire, notamment les députés nationaux, les sénateurs, les gouverneurs et les ministres provinciaux, sont directement redevables envers les populations qu’ils représentent.
« Ceux qui détiennent un mandat de la population doivent servir pleinement leurs électeurs, sans chercher à justifier ou à dissimuler leur inaction », a-t-il ajouté.
Pour Daruis Nsay, la distinction est claire : un ministre national est appelé à servir l’ensemble de la Nation, tandis que les ministres provinciaux, les gouverneurs, les députés et les sénateurs ont une responsabilité directe envers leurs provinces ou leurs circonscriptions respectives.
Cette prise de position intervient dans un contexte où les attentes des populations envers les personnalités originaires de leurs provinces demeurent fortes, alimentant un débat récurrent sur la responsabilité politique des dirigeants et la nature de leurs obligations envers leurs communautés d’origine.

